BATTAGE MEDIATIQUE ET NOUVELLES LOIS

Réflexion de début d’année
BATTAGE MEDIATIQUE ET NOUVELLES LOIS
par Pierre Boegli, président du G.S.A.M.


J'aurais eu du mal à comprendre tout ce battage médiatique et ces nouvelles lois si je n’étais pas au courant de l’argent potentiel pour certains médias et le nombre de voix pour certains politiques qu’apporte la psychose canine chez les gens.
Depuis 2003, il faut que je m'informe régulièrement de l’évolution de mes obligations concernant mon chien et les chiens en général. Et cela à partir des 26 législations suisses différentes. D'après les responsables politiques cantonaux, elles sont faites pour deux raisons :
1. Plusieurs morsures mortelles médiatiques.2. Lutte contre la délinquance. Je suis très surpris que quelques articles conduisent à promulguer des lois concernant la lutte contre la délinquance, alors qu’auparavant les forces de l'ordre n'osaient déjà pas contrôler les propriétaires de chiens réputés dangereux ! Je ne vois pas ce qui va changer. Les gens malintentionnés choisiront -par exemple- des malinois (chiens d'attaque utilisés par l'armée, la police, la douane et les maîtres chiens) plutôt que des pitbulls ou autres rottweilers.

Qu'est ce qui va changer pour eux :
Un délinquant aura-t-il plus à craindre, s'il est attrapé par la police, de l'objet de sa délinquance ou d'une déclaration à la mairie ?
L’amende qu'il ne paiera pas conduira évidement à l’euthanasie de son chien. Mais 10 n’attendent-ils pas à dans une cave ?
Alors que les personnes respectueuses de la loi paieront les émoluments administratifs et les amendes pour ne pas avoir mis la muselière sur le pitbull ou le rottweiler de la famille lors d'une promenade en forêt, en laisse et sous 40°C.

Je lis avec attention que, dans bien des cantons suisses, toute morsure devra être déclarée avec un signalement du chien, qu’une enquête pénale suivra et qu’une possibilité d'euthanasier le chien sera octroyée aux maires des communes concernées. En ressortent plusieurs choses :

Les petits chiens de nos grandes mères n'auront qu’à bien se tenir !
Qui aura la capacité de reconnaître la race du chien (75 % de bâtards en Suisse) ?
Sachant qu’aucun test n’existe pour déterminer l’appartenance raciale d’un chien, aurons-nous une population de « chiens croisés » et plus aucun élevage reconnu dans les 20 ans à venir ?
Combien de chance pour que chacune des morsures soit attribuée aux « pit-rott-chiens dangereux » après tout ce qu’on nous a dit ?
Tout cela n’est qu’une opération politique répondant à un besoin de protection des Suisses effrayés par les médias. Conclusion, c'est tout un système qu'il faut remettre en cause :
Je n’entends pas la SPA.
Je n’entends pas les associations canines.
Je n’entends pas les éleveurs.
Je n’entends pas les centres d'éducation canine.
Il y a 4 écoles vétérinaires qui forment les vétérinaires comportementalistes et aucune interview de ces derniers dans les grands journaux !
Il y a certainement une raison à cette orientation de l’information pour faire taire les spécialistes de la question. La raison en est simple : tant que la peur et le sujet « chiens de combats » rapportent des voix aux politiques qui deviennent législateurs et aux médias qui s’engraissent avec cette mâne qu’est la psychose canine, rien ne changera et certains chiens finiront, innocents, sur le bûcher de l’indignation et de la méconnaissance populiste et populaire.