Du changement semble-t-il au niveau canin - 04.02.2008

Madame, Monsieur,

Suite aux projets soumis à notre association comme à bien d’autres entités concernées, je ne peux que m’interloqué d’une telle impéritie envers ce que cesse d’avancer la quasi totalité des acteurs cynologique, éthologues, cynologues, comportementalistes ou associations canines.

En effet, sachant qu’avant le tragique accident d’Oberglatt, le dernier chien «tueur» sur territoire Suisse reste d’ailleurs un berger allemand qui, en 1992 avait agressé le bébé de ses propriétaires et en 1979, ce furent des saint-bernard qui tuèrent un garçon de 5 ans… jamais une de ces races n’a eu à faire l’objet de quelconques mesures sur la base de l’habitude de la race (et sa fonction aux yeux du public) pour le premier et, de la fierté patriotique pour le second.

Sachant qu’il n'existe aucune méthode pour distinguer un pitbull (ou toutes autres races) d’un autre chien issu d'un croisement avec une race semblable, il est justement impossible d’interdire une race qui n’est pas reconnu, donc, dans un canton qui a plus de 75% de la population canine n’a pas de pedigree, une telle application est utopique.

Nous en sommes donc venu à la conclusion qu’une loi qui repose sur des critères subjectifs, ne peut mener qu’à une application arbitraire.

En revanche, notre association est bien évidemment consciente qu’il faille une loi plus en adéquation avec le phénomène médiatique et populaire qui tente de discréditer et criminaliser tous les maîtres et leur chien ; mais cela ne concerne tout de même qu’une minorité de personnes qui acquièrent un chien comme faire-valoir ou, pire, comme arme. Des mesures concernant les propriétaires - tous les propriétaires ! -, les élevages, la passation des responsabilités entre l’éleveur et le futur maître, des cours de cynologie obligatoires sont en revanches des modifications significatives qui pourraient changer la portée de cette loi.

Les mesures liées à des races n’atteignent pas le « milieu » qui se tient déjà dans l’illégalité et où se retrouvent effectivement des paires chien / détenteur dangereux (comme dans le drame d’Oberglatt).

Et en ce qui concerne l’application de mesures liées aux races, les types de chiens ne sont pas différentiables (cane corso et dogo canario par exemple, croisements divers), il n’y a pas de contestation possible au fait qu’aucun test n’existe pour définir avec certitude la race d’un chien outre sa puce qui elle, est facile à extraire et remplacée, donc le chien peut sans autres changer de nom et de race.

La réalité dans cinq ans sera qu’il y aura continuellement de nouveaux chiens (contrôle des frontières quasi inexistant avec son chien) dans l’illégalité. Ceux-ci devraient être pris en charge par les refuges ou euthanasiés, indépendamment de leur dangerosité. Ça semble tout de même inapplicable aux vues des complications juridiques sans fin, les ressources seront gaspillées sans même qu’un changement ne puisse être perçu.
Je finirais par dire que n’importe quelle race de chiens peut être un chien de famille au même titre, que chaque chien peut être élevé pour agresser ou tuer.

Pierre Boegli,
Président du G.S.A.M.
(Groupe Suisse des Amis du Molosse)