La potentielle euthanasie de Baxter, le chien qui avait griffé le petit garçon à Préverenges, en décembre 2009.

Concerne : La potentielle euthanasie de Baxter, le chien qui avait griffé le petit garçon à Préverenges, en décembre 2009.


Madame, Monsieur,

Je me permets au nom du Groupe Suisse des Amis du Molosse (G.S.A.M.) de vous écrire concernant la potentielle euthanasie de Baxter, le chien qui avait griffé le petit garçon à Préverenges, en décembre 2009.

La décision d’exécuter ce chien de Mme De Quattro est dénué de sens et, démontre une impéritie sans bornes dans le domaine canin et ce qui s’y rapporte. Il s’agit purement et simplement d’une décision politique faite pour caresser un certain public apte à entendre un discours cynophobe.

Oui le chien n’était pas annoncé à l’office compétent, mais de là à vouloir éliminer un animal « pour l’exemple » comme le disait Mme De Quattro dans les médias de ce jour, rappel de bien mauvais souvenirs au niveau humain et peut faire peur !
Le chien a voulu en décembre passé « dire bonjour »… on en fait un cerbère assoiffé de sang !
Oui, un chien ne devrait pas se dresser sur une poussette ou même sauter sur les gens, même pour leur témoigner de l’affection, mais beaucoup de chiens le font, non pas par agressivité ou pour mordre, mais naturellement, comme avec leurs congénères.

En effet, à l'hôpital, si une plaie bénigne est soignée au visage du petit enfant, aucune lésion à l'œil n’est constatée. L'enfant est renvoyé à la maison.
Plusieurs jours plus tard, l’enfant est réadmis à l’hôpital pour surinfection en lien avec sa blessure. Mais bien évidement, il serait dommage de laisser penser à une erreur du médecin traitant ou, qu’un pitbull puisse être certes, brusque, mais pas un tueur d’enfants...il faut poursuivre l’acharnement médiatique et pousser le bouton de la peur et de la cynophobie à son paroxysme chez les béotiens!

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la police voyant que la blessure de l'enfant était sans gravité et, que le chien étant joueur et pondéré, l'ont rapporté à sa propriétaire.


Si la police avait jugé que le chien avait mordu ou, que la blessure était grave, de plus encore sachant que le chien était listé comme « chien dangereux » dans le canton de Vaud, ils l'auraient confisqué sans ménagement et sans autres discours.

Ce n'est que quarante-huit heures après ces événements, alors que le bébé est à nouveau pris en charge par l’hôpital suite à une infection, que le terme de morsure est employé pour la première fois, par le médecin en charge de l’enfant, soi-disant pour faire de la prévention... donc on séquestre le chien d’une dame et de ce fait, on relance une nouvelle « chasse aux sorcière » juste par prévention ?
Mme De Quattro ajoute même sur les ondes de la RSR ce jour, que ce chien ayant passé beaucoup de temps en fourrière, il pourrait se montrer dangereux…mais qui a demandé son placement ?

Je crois qu’on atteint là le paroxysme de la bévue gratuite et abjecte.

Le juge d'instruction en charge de l'affaire dit encore dans « le Matin Dimanche » du 7 mars : “On n'ose imaginer ce qui se serait passé pour Bleon si Baxter (le chien) avait vraiment attaqué...”
C’est un fait, si chacune des griffures faites par des chiens se transformaient en attaques prédatrices, quelle hécatombe journalière vivrions-nous !

Mais peut-être est-il utile de rappeler qu’un chien ne mord jamais sans raison et, moins encore si rien à été fait pour l’y pousser !

Pour finir, on peut remarquer que l’émotionnel et le sensationnalisme prime une fois de plus chez certains politiques, plutôt que le pragmatisme, avant de dire des choses erronées et approximatives, menant à une exécution pure et simple d’un animal qui a été jugé non dangereux par les spécialistes canins vaudois.

En vous remerciant de votre attention, je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations les meilleures.


Pierre Boegli


Président du Groupe Suisse des Amis du Molosse (G.S.A.M.)